Rose-Croix


Comme son nom l’indique, cette secte repose sur les deux signes conjugués de la rose rouge (symbole d’ascétisme, d’abnégation, et pour certains du sang de Christ) au centre d’une croix (symbole de la connaissance parfaite, de l’illumination). L’origine du mouvement a donné lieu à plusieurs hypothèses, mais il semble qu’il soit né vers la fin du XVe siècle en Allemagne. Apparenté à l’alchimie, il influença la franc-maçonnerie. Après des moments d’éclipse, on a vu ressurgir la Rose-Croix au XIXe siècle sous une forme modernisée; elle compterait actuellement plus de 6 millions de membres; un de ses ordres les plus connus se dénomme Ancien et Mystique Ordre Rosae Crucis (AMORC). Rendre compte des enseignements passés et présents de la Rose-Croix tient de la gageure, car ce mouvement n’a jamais été unifié, ni sa doctrine codifiée. On y retrouve pêle-mêle des souvenirs d’ésotérisme égyptien, de kabbale, de gnosticisme, d’occultisme, et d’alchimie, des légendes revues et modifiées (dont celle de l’inusable chevalier Rosenkreutz), et des thèses chères à la théosophie. Toutefois, une ambition semble constituer le coeur du mouvement: celle de parvenir à un état de perfection, d’illumination intérieure (c’est l’état de «Rose- Croix», parfois appelé état «christique»). Cet état, réservé aux grands initiés, correspondrait à une parfaite harmonie entre l’âme individuelle et l’Esprit universel, entre l’Homme et l’Univers. Mais il est clair que ce programme à coloration chrétienne est à cent lieues de l’Evangile biblique, qu’il se double d’un appareil symbolique extraordinairement opaque, réinterprété à sa guise par chaque génération. Le Nouvel Age ne devrait avoir aucun mal à y puiser inspiration...